Découvrez les premières représentations visuelles de l’univers Fleur Nocturne, entre science, mémoire et résonance.
« Les premières images récupérées présentent des inversions, des déformations et des incohérences.
Les analystes FN‑Ω pensent que la Fleur Nocturne altère la mémoire visuelle.
Chaque cliché pourrait être un fragment d’une réalité différente… ou un avertissement. »
Alicia Baker face à la résonance fractale — la frontière entre conscience et matière se fissure.
Le capitaine Thomas l’attendait dans son bureau, debout derrière son bureau encombré de dossiers. Il ne souriait pas.— « Alicia, entre. Ferme la porte. »
Elle obéit, le cœur battant. Le capitaine l’observa un instant, puis désigna une chaise.
L’équipe des officiers de police prend très vite la situation au sérieux. Les événements récents réveillent les souvenirs encore vifs de Créole nocturne City. Le traumatisme collectif est palpable.
Un agent entre précipitamment dans la salle de réunion préparatoire.
- « Capitaines, nous avons identifié la victime. Il s’agit de Céline Prost. »
Alicia se redresse.
- « Et les lésions ? Griffures, marques végétales ? »
- « C’est en cours d’analyse, capitaine. »
- « Bien. Prévenez-moi dès que vous avez du nouveau. »
Alicia et Mark attendent toujours le réveil de Mélissa. Le silence est pesant. Alicia regarde sa montre, nerveuse. Mark, assis à côté, fixe le sol.
Soudain, une voiture s’arrête devant le commissariat. Une femme descend, visiblement inquiète, et entre rapidement.
— « Oui. C’est comme si tout le monde retenait son souffle », répondit Alicia, le regard inquiet.
En approchant du poste de police, Alicia ralentit. Juste devant l’entrée, plusieurs fleurs sombres, presque noires, s’ouvrirent lentement, comme en réponse au crépuscule. Elle s’arrêta net, fascinée.
— « Tu les vois ? Elles s’ouvrent… maintenant. »
Le capitaine Thomas marqua une pause, comme s’il hésitait à en dire plus.
— « Ce n’est pas tout. Certains habitants affirment avoir fait des rêves… des visions d’une ville qu’ils ne reconnaissent pas. »
Alicia échangea un regard avec Mélissa.
Le rêve. Les fleurs. Le silence du village.
Tout semblait lié. Mais pourquoi ? Mais pourquoi ce silence pesait-il autant cette nuit-là ?
Pendant ce temps-là, Alicia et Mélissa, toujours en quête de réponses, se dirigèrent vers un centre biologique situé à la sortie de la ville, en bordure d’une forêt reculée. Une forêt noire et intense, comme si elle absorbait la lumière elle-même.
Quelques heures plus tard, elles furent appelées au bureau du capitaine Thomas…
— « Avez-vous découvert quelque chose concernant ces fleurs et leur comportement biologique ? » demanda-t-il.
Les deux femmes échangèrent un regard, puis répondirent :
— « Nous n’avons rien trouvé pour l’instant. »
Alicia s’avança, hésitante.
Alicia répondit :
— J’ai fait un drôle de rêve.
— Quel genre ? demanda Mélissa.
Alicia répondit à sa sœur :
— J’avais de la fine poussière dorée sur la paume, j’ai trouvé une photo de moi dans un champ de fleurs noires Mélissa, prise par surprise par cette révélation intrigante de sa sœur, observe Alicia qui fouille dans le tiroir et découvre effectivement une photo d’elle dans un champ de fleurs noires.
Puis Alicia regarde la paume de sa main : une fine poussière dorée y scintille encore.
Un frisson parcourut l’équipe. Le vent se leva, chargé d’une odeur métallique. Et dans le lointain, un murmure. Pas un cri cette fois.
Un chant. Grave. Ancien. Incompréhensible.
Alicia et Mélissa devaient bientôt rejoindre le poste de police pour transmettre les premiers résultats de leur enquête au capitaine Thomas.
Mais ailleurs, Alicia fut prévenue par une collègue qui lui demanda de la rejoindre afin de lui fournir quelques précisions sur la fine poussière dorée retrouvée sur la paume de sa main.
Elle s’approche lentement d’Alicia, lui tend une petite note froissée.
Élise :
« Il a dit : “Dans un souffle de puissance… que l’énergie soit dégagée.” »
Alicia lit les mots, les yeux brillants. Elle comprend que Douglas avait perçu ce qui sommeillait en elle. Ce n’était pas seulement une force physique — c’était une connexion profonde, une énergie ancienne, végétale, presque sacrée.
Dans un coin de la salle, Samantha et Mark reçoivent un appel en direct. L’écran affiche un visage connu : l’ancien capitaine Thomas, avant sa chute. Un enregistrement, laissé avant sa transformation.
Scène d’exploration dans la forêt de Veslois — le cristal CRT émet sa première résonance lumineuse.
Elias la regarda longuement.
— « Alors il faudra leur apprendre à écouter ce que la forêt murmure. »
La lumière grise de l’aube filtrait à travers les stores du poste. Alicia ouvrit les yeux lentement, comme si son corps pesait plus lourd qu’avant. Elias était là, assis près d’elle, les yeux cernés, mais vigilants.
— « Tu as dormi presque douze heures. Le processus est stabilisé. Pour l’instant. »
Alicia se redressa, une douleur sourde dans la nuque. Elle se sentait différente. Pas malade. Pas faible. Juste… connectée.
Alicia Baker face à la résonance fractale — la frontière entre conscience et matière se fissure.
Alicia tourne lentement la tête vers l’équipe. Ses yeux sont encore perdus dans ses pensées, comme si elle cherchait à assembler des fragments de vérité.
Alicia : « La dernière chose qu’il m’a dite… à propos de l’enquête. Et de moi. J’ai cette sensation étrange que je ne le connaissais pas vraiment. Pas Thomas. Pas comme je le croyais. »
Un silence s’installe. Mark s’avance, le ton grave, mais rassurant.
Mark : « Ton ancien capitaine ne t’a rien dit. Parce qu’il savait que tu allais refuser. Refuser cette responsabilité. Refuser les obligations de sécurité liées à la fonction. Il voulait te protéger… ou t’éloigner. »
Il pose une main sur l’épaule d’Alicia.
Quelques minutes plus tard, Elias Marr Baker entra dans le poste de police. Grand, silhouette nerveuse, regard perçant.
— « Alicia… tu te souviens de moi ? »
Elle hocha la tête, presque timidement.
— « Bien sûr. Tu es Elias. Le seul qui m’appelait l’épine douce. »
Un sourire fugace passa sur son visage. Elias s’approcha, posa sa mallette au sol et sortit un scanner portatif.
- « Dis-moi… Est-ce que toi aussi tu as remarqué cette fine poussière dorée ? Celle qui reste sur la peau, presque invisible. »
Mélissa baisse les yeux, puis répond doucement :
- « Oui… mais elle n’est pas dorée. Elle est bleue. »
Alicia se fige.
- « Bleue ? »
Elle répète, plus bas, comme pour elle-même :
- « Étrange… »
Alors Jonas, Lina, Milla arrivent en renfort avec d’autres équipes fédérales, ils entendent la conversation de la capitaine Alicia.
De retour au poste de police, l’atmosphère était électrique. Les fédéraux étaient là. Deux agents, Mark et Douglas, attendaient dans le bureau du capitaine Thomas.
Alicia Baker face à la résonance fractale — la frontière entre conscience et matière se fissure.
Scène d’exploration dans la forêt de Veslois — le cristal CRT émet sa première résonance lumineuse.
Pendant ce temps-là ! Le capitaine Thomas s’interrogeait de façon récurrente depuis l’arrivée d’Alicia Blenco et de sa sœur Mélissa.
Les autorités fédérales lui avaient pourtant signalé à plusieurs reprises la double personnalité d’Alicia.
Cependant, le motif de cette mise en garde restait incertain, et le capitaine demeurait préoccupé.
Il feuilletait les rapports, les yeux plissés, le front marqué par l’inquiétude.
— « Double personnalité… mais aucun diagnostic clair. Juste des observations. Des comportements… fragmentés. »
Alicia, restée dans l’ombre, observe les jeunes. Son regard est inquiet.
Elle réalise soudain qu’elle n’a pas vu Bruno depuis plusieurs heures.
Elle s’éclipse sans un mot, traverse les couloirs, les escaliers, les racines.
Puis il revient, le souffle court.
— « Vous n’avez pas vu Bruno ? »
Les jeunes secouent la tête, inquiets.
— « Non… »
Alicia se retourne brusquement.
Et l’aperçoit.
Bruno, debout dans le jardin intérieur, face à une fleur noire aux pétales veloutés.
Il tend la main. Il respire.
— « Ne fais pas ça ! » hurle Alicia.
— « À tous les officiers, ici le capitaine Thomas. Je veux un rapport complet sur Alicia. Fouillez les rues, les hôpitaux, les zones interdites.
Trouvez-la. Elle est peut-être en danger. »
Mark s’approcha d’Alicia, le regard inquiet.
- « Que fait-on pour l’instant ? »
Alicia réfléchit un instant, les bras croisés, le regard fixé sur Mélissa, encore inconsciente.
- « Nous allons attendre qu’elle se réveille. Dès demain, je mets en place une équipe spéciale. Et nous passons la ville en vigilance jaune. »
Mark acquiesça sans un mot. Il savait que ce n’était que le début.
Le soleil se levait sur Veltro City. Les jeunes touristes, insouciants, flânaient dans les rues à la recherche d’un coin paisible pour se reposer. Les cafés ouvraient leurs terrasses, les musiciens de rue s’installaient.
Mais la tranquillité fut brisée.
« Ne reste pas à découvert. Pas ici. Le pollen se lie à la peau. On le sait maintenant. »
L’équipe enfila ses équipements dans une précipitation nerveuse.
Visières verrouillées. Gants serrés.
Soudain, l’un des chercheurs s’arrêta net.
— « Là… au sol ! »
Tous se tournèrent. Un corps gisait parmi les racines, partiellement recouvert de pollen noir. Sur la manche, une inscription à peine lisible : Alicia Blenco.
Faure ne répondit pas. Elle arriva devant une clairière éclairée par une lumière verte. Au centre se trouvait une fleur noire de grande taille avec des pistils en mouvement.
Elle s’approcha, fascinée.
— « Elle communique », murmura-t-elle. « Pas par le son. Par les formes. Par les souvenirs. »
Derrière elle, Clara et Alice la rejoignirent, haletantes.
« Jonas… qu’est-ce que tu as vu ? »
Jonas, les yeux écarquillés, murmure :
« Il y a un couloir… derrière la vitre. Il bouge. Il respire. »
Soudain, sans prévenir, le capitaine Thomas surgit et saisit Mélissa par le bras.
« On y va. Maintenant. »
Mélissa tente de résister, mais le capitaine Thomas l’entraîne de force dans le couloir dissimulé derrière la vitre fendue. Sa poigne est ferme, presque violente. Elle se débat, mais il ne lui laisse aucune chance.
Puis, une lumière étrange apparut au loin. Verte. Pulsante. Elle semblait flottée à quelques mètres du sol, visible depuis les fenêtres du poste. Et l’instant d’après… plus rien. Juste le noir. Juste le silence.
Le lendemain matin, l’horreur s’était installée.
Les fédéraux sont revenus au poste avec Lina et Jonas, encore sonnés. Allongés sur des brancards, sous perfusion légère, ils reprennent lentement conscience. L’ambiance est calme, mais chargée d’inquiétude.
Un agent fédéral s’approche de Jonas, qui ouvre les yeux, confus.
« Jonas… vous êtes en sécurité. Que s’est-il passé dans la crypte ? »
Jonas cligne des yeux, puis murmure :
« Le capitaine… il nous a assommés. Il ne voulait pas qu’on voie ce qu’il faisait. Il a emmené Mélissa dans un couloir caché. »
Les scientifiques, Clara, Alice et Jules sont revenus sur les lieux pour identifier précisément la zone où l’échantillon avait été prélevé. Des capteurs sont installés, des relevés sont en cours. L’atmosphère est tendue.
Soudain, un cri retentit dans le couloir. Alicia s’effondre, prise de violentes convulsions. Mélissa accourt, paniquée.
« À l’aide ! Elle ne respire pas bien ! Il faut du renfort, tout de suite ! » hurle Mélissa.
Alicia : « Dès demain, les groupes seront réorganisés. La ville est placée en quarantaine. Une loi martiale inertielle sera mise en place. »
Un murmure inquiet parcourt la salle. Certains agents baissent les yeux. D’autres se redressent, prêts à suivre.
Alicia : « Le protocole est activé. Il n’y aura plus de délais. Plus de doutes. »
Elle marque une dernière pause. Son regard se durcit. Sa voix claque comme une sentence.
Alicia : « Personne n’entre. Jusqu’à nouvel ordre. »
Le silence qui suivit n’était pas de l’hésitation. C’était du respect. Un respect profond, né de la peur, de la loyauté, et de la certitude que quelque chose de plus grand était en marche
Scène d’exploration dans la forêt de Veslois — le cristal CRT émet sa première résonance lumineuse.
Les chercheurs du projet FN‑Ω découvrent la Fleur Nocturne, première liaison biologique avec le cristal.
Mélissa reste silencieuse, observant les scientifiques poursuivre leurs analyses. Quelque chose en elle s’agite, une intuition qu’elle ne peut encore nommer. Le ciel est sombre, l’air chargé d’humidité. Le capitaine Thomas est dehors, seul, les mains dans les poches, observant les alentours comme s’il cherchait à relier les pièces d’un puzzle invisible
Milla relève les yeux de son écran.
- « Et la couleur bleue… c’est inédit. Les trois cas précédents étaient dorés, comme celui d’Alicia. »
Jonas se tourne vers Mélissa.
- « Tu es la première à manifester une variation chromatique. Ça pourrait signifier une mutation… ou une divergence de mémoire. »
Mélissa serre les bras contre elle, troublée.
- « Mais je n’ai rien fait. Je n’ai rien cherché. »
Alicia pose une main sur son épaule.
- « Ce n’est pas toi. C’est ce que la ville réveille. »
Jonas s’approche de la carte murale de Veltro City, y épingle une photo de Céline Prost.
- « Quatre lieux. Quatre points d’ancrage. Si cette ville est le quatrième cas… alors quelque chose est en train de s’activer. »
Elle s’arrête un instant, puis répond à la question que tous se posent.
- « Je vais à la bibliothèque municipale. Là où tout a commencé. Une ancienne bâtisse… les murs recouverts de mousse et de racines. Comme si la nature elle-même voulait la dissimuler. »
La façade de l’ancienne bâtisse se dresse, couverte de mousse et de racines. L’air est lourd, presque électrique. Alicia arrive en tête, suivie de ses trois agents. Elle inspecte les alentours, arme en main.
Soudain, elle aperçoit plusieurs groupes de jeunes, rassemblés près des marches.
Le capitaine Thomas est penché sur son bureau, le regard fixé sur un écran crypté. Mark et Douglas entrent, intrigués.
« Capitaine, on a vu que vous avez demandé l’accès au dossier d’Alicia Baker. Niveau 4… ce n’est pas rien. Qu’est-ce qu’on cherche exactement ? » demande Mark.
« Je veux comprendre d’où elle vient. Il y a trop d’éléments qui ne collent pas. Son passé est un labyrinthe, et je compte bien en trouver la sortie », répond Thomas sans lever les yeux.
« Mais pourquoi maintenant ? Elle est sous surveillance depuis des mois, et rien n’a bougé », ajoute Douglas.
« Justement. C’est ce silence qui m’inquiète », conclut Thomas.
« Nous avons découvert une personne dans une salle de la crypte, dont le corps était suspendu au mur. De plus, nous avons identifié un nom : Aya Sanogo. »
Mélissa fronce les sourcils.
« Aya Sanogo ? »
Le scientifique poursuit :
« Est-ce que ce nom vous dit quelque chose ? Y a-t-il des éléments dans les archives de la police ? »
Mélissa secoue lentement la tête.
« Pas à ma connaissance. »
Mark se pencha légèrement vers Douglas, à voix basse :
— Tu crois qu’elle est consciente de ce qui lui arrive ?
Douglas secoua la tête, le regard sombre :
— Pas entièrement. Mais ça progresse. Lentement. Silencieusement.
Le capitaine Thomas les observa, les bras croisés.
— Vous saviez… depuis le début.
Un des agents, resté en retrait jusqu’ici, murmura :
— On savait que ça pouvait revenir. On ne savait pas que ça prendrait racine.
Mélissa resta assise des heures, le dossier ouvert devant elle. Les pages semblaient brûler ses doigts.
Chaque ligne soulevait une nouvelle question. Pourquoi sa sœur figurait-elle dans les archives d’une secte dissoute ? Pourquoi ces fleurs noires revenaient-elles toujours ?
Et surtout… pourquoi le nom du capitaine Thomas apparaissait-il dans les rapports les plus anciens ?
Sa sœur, disparue depuis des années, refaisait surface dans ses rêves — floue, entourée de cette poussière dorée qui semblait flotter dans l’air comme une mémoire vivante.
Et ces photos… certaines montraient sa sœur dans des lieux que Mélissa ne reconnaissait pas. D’autres semblaient impossibles : des clichés récents, alors qu’elle était censée être morte.
Sans perdre une seconde, ils la placèrent sur une civière de fortune et la transportèrent jusqu’au poste de police, transformé en centre de soins improvisé.
Au poste, l’annonce fit l’effet d’un choc.
Mélissa, le capitaine Thomas, les agents fédéraux — tous se précipitèrent vers la salle médicale.
— « Qu’est-ce qu’elle a ? » demanda Mélissa, les yeux embués.
« Vous travaillez pour eux. Pour les Floratis. »
Un silence lourd s’installe. Les fédéraux échangent un regard, puis Douglas reprend :
« Nous sommes dans l’obligation de vous retirer de vos fonctions. À partir de maintenant, le poste sera dirigé par la commandante Élise Moreau. Et vous allez nous dire où est Mélissa. »
Thomas, les yeux brillants d’une lueur étrange :
« Non. Je préfère encore mourir. »
Alicia acquiesce.
- « Oui. Juste après notre arrivée, à moi, Mark et elle. C’est Mark qui l’a retrouvée au sol, inconsciente. Elle murmurait des mots dans une langue inconnue. »
Jonas échange un regard avec Lina, qui prend des notes.
- « C’est cohérent. Les rêves sont souvent le premier signal. Surtout quand la poussière est active. »
Mélissa, assise à côté, serre les bras contre elle.
- « Je ne comprends pas ce que ça veut dire. Mais je sens que quelque chose essaie de me parler. »
Jonas s’approche, grave.
Puis, le professeur ajouta :
— « Si la mémoire a été effacée… alors peut-être que ces fleurs n’étaient pas là pour être vues. Mais pour être oubliées. »
L’enquête mena Alicia, Mélissa et une équipe réduite jusqu’à la forêt reculée. Le silence des lieux était pesant, presque hostile. Des tapis entiers de créoles de la nuit tapissaient les sous-bois, où la lumière semblait refuser d’entrer. Soudain, un cri. Brutal. Inhumain. Il déchira le calme comme une lame dans la brume.
Les chercheurs du projet FN‑Ω découvrent la Fleur Nocturne, première liaison biologique avec le cristal.
Scène d’exploration dans la forêt de Veslois — le cristal CRT émet sa première résonance lumineuse.
— Oui… et elles n’étaient pas là ce matin, répondit Mélissa, le ton inquiet.
On dirait qu’elles poussent… sur la pierre.
Un silence pesant s’installa.
Puis, un bruissement.
Comme si les fleurs chuchotaient entre elles.
— On doit sortir, dit Alicia. Comprendre ce que c’est. Ce n’est pas naturel.
Mais en posant la main sur la poignée, elle sentit une résistance.
La porte était tiède. Vivante. Mais au matin, tout avait changé.
Des appels affluaient au poste, toutes les cinq minutes.
— « Tu crois… qu’il y aurait un lien avec ce qui se passe en ville ? »
Samantha hocha lentement la tête.
— « Oui, je pense. Mais les causes de ce phénomène sont bien plus intenses que ce qu’on imagine. »
Le silence s’installa. Au loin, les sirènes résonnaient, étouffées par une brume dorée qui s’élevait au-dessus des toits.
Alicia Baker face à la résonance fractale — la frontière entre conscience et matière se fissure.
Tout commence par un ciel qui était bas, chargé d’un gris lourd qui semblait peser sur la route. Mélissa tenait le volant, concentrée, les yeux rivés sur les lignes blanches qui défilaient. À ses côtés, Alicia somnolait, le front appuyé contre la vitre, bercée par le ronronnement du moteur et le rythme hypnotique de la pluie.
Soudain, le téléphone vibra. Une sonnerie brève, presque étranglée. Alicia sursauta, ouvrit les yeux, encore engluée dans les brumes d’un rêve qu’elle ne comprenait pas.
– « Capitaine Thomas », dit-elle en décrochant, la voix encore rauque.
– « Nous arrivons bientôt », ajouta-t-elle rapidement, comme pour masquer son trouble.
La pluie tombait fine, presque silencieuse, sur le pare-brise de la voiture. Alicia roulait sans vraiment savoir pourquoi. Le GPS clignotait, mais elle ne le regardait plus.
Ce n’était pas la route qui la guidait. C’était autre chose. Une sensation. Une pression dans la poitrine. Comme un souvenir qui ne lui appartenait pas.
Elle s’arrêta au bord d’un chemin forestier. Le moteur ronronnait encore, mais elle n’entendait plus rien. Juste ce souffle. Ce murmure. Comme si les arbres respiraient autour d’elle.
Puis, une image. Fugace. Une balançoire rouillée. Une fleur noire au pied d’un mur. Une voix douce, presque maternelle :
« Tu es née ici. Tu dois revenir. »