Tout commence par un ciel qui était bas, chargé d’un gris lourd qui semblait peser sur la route. Mélissa tenait le volant, concentrée, les yeux rivés sur les lignes blanches qui défilaient. À ses côtés, Alicia somnolait, le front appuyé contre la vitre.
Soudain, le téléphone vibra. « Capitaine Thomas », dit-elle en décrochant, la voix encore rauque. « Nous arrivons bientôt. »
— Mélissa… j’ai fait un rêve.
— Un rêve ?
— Oui. Une ville. Elle m’appelait. Pas une ville normale. Elle était… figée. Comme si le temps s’était arrêté. Et il y avait des fleurs. Noires. Partout.
Alors que Mélissa et Alicia traversaient les ruelles d’un village paisible, une étrange sensation s’installa. Le silence était trop parfait, trop figé. Pas un bruit, pas un souffle de vent. Même les oiseaux semblaient avoir déserté les lieux.
Juste devant l’entrée du poste de police, plusieurs fleurs sombres, presque noires, s’ouvrirent lentement, comme en réponse au crépuscule. Alicia s’arrêta net, fascinée.
« Tu les vois ? Elles s’ouvrent… maintenant. »
Le lendemain matin, Alicia se réveilla en sursaut. Ses mains tremblaient. Sur sa paume, une fine poussière dorée scintille encore. Elle ne sait pas d’où elle vient. Dans sa tête, une voix : « Tu as déjà vu ça. Tu le sais. »
L’enquête mena Alicia, Mélissa et une équipe réduite jusqu’à la forêt reculée. Le silence des lieux était pesant, presque hostile. Des tapis entiers de créoles de la nuit tapissaient les sous-bois, là où la lumière semblait refuser d’entrer.
Note du Professeur Morin : « Ces fleurs… elles ne se contentent pas d’effacer la mémoire. Elles la remplacent. Ce n’est pas une simple plante. C’est une intelligence. »
Au cœur de la forêt, ce qu’ils découvrirent les glaça : des cadavres, éparpillés entre les racines, et parmi eux… l’un des leurs. Des oiseaux chutèrent, foudroyés. La nature elle-même semblait se rebeller contre les intrus.
Le capitaine Thomas la fixa, visiblement troublé : « Alicia… selon les résultats, il y aurait… deux signatures biologiques distinctes en toi. »